COLLEGE DRUIDIQUE DES GAULES

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Le Barde et le sens de la vie

Le Barde est le poète de notre tradition. Il est sur les pierres rondes, l’eau qui nous chante la source première et son devenir dans la mer.

 

Le barde va, son bâton à la main. De ses 3 pas, il s’unit à la cadence magique de l’Univers et s’enfonce au cœur de la Nature pour y vivre ses mystères.

 

Par la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher et le goût, il va s’abreuver d’eau, de terre, de feu et d’air. Ainsi, par ses sens, il sait voir sur la toile tissée par l’araignée, les gouttes de pluie, qui, aux rayons du soleil, se dorent d’arc-en-ciel. Il sait reconnaître le pas furtif de la biche et entendre le langage secret de la nature, il connaît de la pluie, la danse cadencée, quand elle tombe, crépitante, sur le sol assoiffé et, que renaît après la nature purifiée. Quand vient la nuit, les parfums frais lui donneront les senteurs de la terre mouillée ou du lys enivrant.

 

Car le Barde est un poète des sens. Il est intéressant de noter à ce propos, la richesse de nos propres termes lorsque le mot « sens », s’allie au préfixe « ab » qui en latin signifie : « loin de... » ou au préfixe «pré», qui signifie «proche de...», ainsi nous considérons les termes :

 

- ABsence : loin des sens. L’homme sans vie, l’homme mort est dépourvu de sens, il est devenu Absent de ce monde.

- PRÉsence : proche des sens l’homme a accès à toute forme de vie.

 

C’est d’ailleurs la vie elle-même qui lui ouvrit les sens. Quand, par le premier inspir, elle éveilla le premier des sens, celui du nerf olfactif, nerf premier dans la hiérarchie et dont les terminaisons nerveuses prennent fin au niveau du sphénoïde, os central du crâne qui abrite la glande pinéale*. Le Barde, dans sa recherche, va, quant à lui, développer ses sens afin de mieux s’abreuver de vie, sa vue va se faire plus perçante, son ouïe plus fine, son toucher plus sensible, son goût subtil et son odorat plus affiné.

 

Il y a donc entre la vie qui ouvre les sens et l’ouverture même des sens qui emmène au sens de la vie, comme l’écho d’un chant. Dans le cercle ainsi fermé en un écho parfait, la communion se produit, le Barde devient ce seul sens de la vie et fusionne avec l’Univers, du parfum, il est LE parfum, de l’eau, il est LE chant, LE mouvement, LA transparence, de l’oiseau il est LE vol et L’air qui le porte. 

 

Ses sens, réunis en un seul ont fait de lui le réceptacle de l’Univers dont il devient le centre et l’expansion, hors du temps et du monde. Dès lors, le Barde n’est plus séparé, plus limité, il vit l’Univers et en perçoit le verbe unique qui, sur les cordes de son âme, va en devenir son chant.

 

Ayant fait de la nature, l’expérience, le Barde nous revient, de son pas trinitaire, portant son message venu de l’origine de temps.  C’est à nous, maintenant, qu’il va nous faire revivre par l’eau, le feu, la terre, l’air et l’éther. Il va du verbe unique, du son primordial, du ver céleste, continuer la poésie. Il crée d’autres lieux, d’autres mondes, d’autres temps, du visible à l’invisible, il crée l’infini.

 

Voici du Barde l’expérience, voici du Barde la fonction.

 

Et, si le Barde nous décrit de la rose sa teinte délicate, le doux parfum et la fraîcheur, c’est qu’il l’a vu épanouir sa gracieuse corolle pour se gorger des rayons du soleil. Alors, heureux en son cœur, le Barde se blottit en elle et referme sur lui les pétales et, à la rose épanouie, redonne du bouton son innocence première.

 

Une disciple-Barde

 

 

 

* il est à noter que chez certaines espèces d’animaux, notamment fouisseurs ou marins, la vue est plus que réduite, voire même totalement absente. Par contre, c’est leur odorat qui leur permet de se guider et de se nourrir. Même chez des espèces de mammifères, pourtant imposantes, comme le rhinocéros, la vue est plus que secondaire et c’est l’odorat qui est leur sens le plus aiguisé. 



03/03/2018
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