Clairière MORGANE

Clairière MORGANE

Identité nationale et idée celtique

Dans les récents débats sur l’identité nationale, il faut admettre qu’il n’y a pas eu de prise de considération de l’idée celtique, alors qu’en 1891, Edouard Schuré (1841-1929) écrivait que l’idée celtique tendait à devenir le principe cristallisateur de la tradition : « pour comprendre toute sa tradition, la France veut remonter à sa source ».

 

C’est au père du romantisme français, René de Chateaubriand (1768-1848) qu’appartient la gloire d’avoir découvert notre arcane national par une « révélation directe, non prise dans les livres, mais au contact vivant de la nature et à la source de sa sœur Lucile », la lande bretonne et l’océan d’une part, et de l’autre à sa sœur, tels furent ses vrais initiateurs. Le portrait que Chateaubriand retrace de sa sœur  représente une figure du Druidisme qu’Edouard Schuré illustra lorsqu’il la mit en scène sous  les traits d’une Druidesse dans un drame de théâtre sous le nom de VELLEDA. Ce nom est connu de ceux qui ont pérégriné sur la montagne du Donon, en Alsace, dont le sommet vit, à l’âge du fer, converger les Celtes, adorateurs de TEUTATES.

 

La seconde phase du celtisme pourrait être appelée « phase du folklore ». En 1839, un gentilhomme breton, Théodore Hersart de la Villemarqué (1823-1895) publia son Bardaz-Breiz, recueil de poésie qui eut un succès européen. Ce livre fut le signal d’une moisson générale de ce qui reste de poésie populaire dans les autres provinces françaises. L’auteur a été furieusement critiqué pour inauthenticité d’une partie de ses textes et il répondit à ses détracteurs : « j’accepte la condamnation que vous prononcez si allégrement contre le folkloriste mais il reste le poète et le veilleur que je fus ».

 

Ernest Renan (1823-1892) partagea l’avis de Charles le Goffic (1863-1932) : « il n’est pas moins vrai que Villemarqué a rendu à la race bretonne ses titres de noblesses perdus  depuis Jules César ». Renan rédigea un célèbre article sur la poésie des races celtiques, qui fit époque, article à partir duquel la question du celtisme entra dans sa phase historique et philosophique. Renan en vint à définir quelques-uns uns des traits essentiels par où le génie celtique se distingue. C’est d’abord le sentiment direct et spontané des forces secrètes de la nature. Le second trait distinctif  est le rôle capital attribué à la femme dans la vie sentimentale, presque tous les types de femmes que le Moyen-âge a connu, Guenièvre, Iseult, viennent de la court d’Arthur.

 

Après les initiatives de Chateaubriand, de Villemarqué et de Renan (tous Bretons), on vit se lever une armée de folkloristes, d’archéologues et d’historiens : Luzel (qui se défie des Gallois), Henri Gaidoz (fondateur de la revue celtique), Henri d’Arbois de Jubainville (1827-1910), Camille Jullian (1859-1933, histoire des gaulois), sans omettre Charles Goffic l’âme bretonne et Anatole Le Braz  Au pays des pardons, qui ont vécu en Bretagne, y étaient enracinés et qui répondent parfaitement à l’idéal régional si heureusement formulé par un grand écrivain lorrain : Maurice Barrés charmes en Vosges (1862).

 

Le celtisme ne s’est pas contenté de revivifier la poésie du passé sans le présent. « Né en Bretagne,  le celtisme a gagné Paris et la France » écrit Edouard Schuré en 1891, le celtisme était devenu un « idéal moral et une discipline de psychologie nationale ». Ecoutons ce que dit Philéas Lebesgue, Archidruide des Gaules : « le celtisme a aidé la France à réaliser sa nationalité psychologique, le celtisme ne put trouver son hégémonie mais il fut l’élément fondateur par excellence, et, tout ce qui fut fait de généreux est venu de lui ».

 

Philéas Lebesgue (1869-1958) était Archidruide des Gaules. En 1943, il intronisa Grand Druide notre fondateur Paul Bouchet, président du Collège Druidique des Gaules, jusqu’en 1979. L’idée celtique est un élément de l’identité nationale.

 

Druide Screen Shot 04-14-16 at 08.40 PM.PNG VOSEGUS



14/07/2017
0 Poster un commentaire