Clairière MORGANE

Clairière MORGANE

Sur la route du Druidisme

Celui qui assiste pour la première fois à une cérémonie druidique, se trouve un peu surpris, voir dépaysé. Ces femmes et ces hommes, vêtues de longues saies blanches, bleues ou vertes, semblent appartenir à un monde étrange, anachronique peut-être. Où donc se trouve-t-il ? Inconsciemment il évoque les druides de Bretagne, personnages familiers d’une sorte d’imagerie d’Epinal quelque peu folklorique.

 

Dans son esprit se mêlent les caricatures de journaux, les personnages des albums d’Astérix et, en filigrane, les gravures de quelques vœux manuels scolaires montrant les Druides juchés sur une estrade, coupant le gui avec une faucille d’or* Pourtant, nombreux sont ceux qui, un jour, demandent à rejoindre un groupe, souhaitent ardemment  pouvoir, eux-aussi , participer à ces cérémonies, parce qu’ils sentent que cela correspondant à leur attente, en quête d’une spiritualité beaucoup plus profonde que celle qu’ils avaient connue . Mais, que cherchent-ils ? Celle ou celui qui s’engage dans la voie druidique n’obéit-il pas à un besoin instinctif, ressenti parfois d’abord confusément, de communiquer avec la nature entière, de retrouver le sacré à sa source.

 

Cette impression de plénitude, cette soif de dépassement, ce sentiment de Présence, c’est dans le silence de la nature qu’on le ressent le mieux, au milieu d’une forêt, d’un grand champ de blé en plein soleil, dans une prairie fleurie, ou sur une plage déserte dont on foule le sable humide. Ce besoin de sentir le sol sous les pieds nus, d’inspirer à plein poumon l’air vif, de suivre du regard l’oiseau qui s’envole. Dans ce monde privilégié, l’homme n’est plus le roi, chaque élément reprend sa vraie place, il rétablit la connexion qui le met au cœur du mystère de la Création, la relation entre le monde physique et le monde psychique, entre le tangible et l’intangible.

 

Bien sûr, c’est dans la nature vierge, non encore envahie par la présence humaine, que cette perception du sacré se fait plus intense, elle nous atteint l’être au plus profond de nôtre être. Les circonstances de cette « rencontre » varient : marcher à l’aube sur une plage encore déserte et respirer à plein poumons l’air iodé, gravir les pentes d’un sommet  pour y respirer l’air vif, s’enfoncer dans une forêt et s’emplir de toutes les senteurs qu’elle dégage. Sentiment d’intensité, de sérénité, de liberté, soif de se rapprocher de l’ineffable, tout comme l’alpiniste qui vient de parvenir au sommet d’une montagne ou l’aviateur qui, sans efforts apparent, glisse dans l’espace lumineux et pur, au dessus d’un tapis de nuages. Tout est silence, paix, pureté et blancheur comme le blanc immaculé de la saie des Druides.

 

Dieu, l’INCREE, celui auquel on ne donne pas de nom, les dieux…

Expressions qui déroutent parfois, qu’on cherche à définir parce qu’à toute chose on voudrait pouvoir imaginer un visage, une image, mettre une étiquette…

Il s’agit simplement de la même Energie Sacrée sous ses formes différentes, à la fois UNE et multiple. Les dieux sont tous et UN, ce sont simplement toutes les manifestations de l’être, dans le souffle du vent, la vie forte et silencieuse des plantes, des bêtes, des hommes, le Soleil qui perce à travers les nuages : « Vie pleine et entière, impérissable, et sans fin » Omniprésent, omniscient, éternel, le créateur de l’univers infini, celui qui n’a pas de nom est aussi l’animateur d’un monde en perpétuelle évolution. Energie présente en tout ce qui vit, il est force d’Amour. Des miracles s’accomplissent tous les jours, si simples, transformations, passages d’un monde à un autre, franchissement d’étapes. La naissance d’un enfant n’est-elle pas le plus beau des miracles, le plus merveilleux acte magique , La vraie magie, loin de tous les galimatias et les fantasmes, n’est-elle pas la simple puissance de créer ?

Le Sacré est partout, même si dans la foule d’un super marché, les embouteillages, on risque de l’oublier un instant. Les bruits de la ville, les sons de la télévision, les portables ouverts en permanence semblent tout dominer ., Eux font partie de la technique d’une autre forme de vie. Moyens mais non finalité. Il nous faut apprendre à leur donner leur vraie place, au service de la vie, sans qu’ils deviennent les dieux d’un nouveau culte qui l’asservit.

 

Le Druidisme est une « religion » sans église, en apparence du moins. Mais la nature n’est-elle pas le temple où, spontanément, nous pouvons nous relier à la force de vie, aux énergies naturelles ?  Est-ce par hasard que les églises chrétiennes ont été construites sur des endroits où les forces telluriques s’exercent nettement, et souvent  sur des lieux  considérés comme sacrés pour les Druides . On peut localiser facilement ces lieux de fort tellurisme aux alentours de l’autel, d’une statue de la Vierge. A côté de nombreuses églises de campagne, on retrouve la source sacrée des lieux druidiques qu’elles ont remplacés..

 

Faire partie d’un Collège, d’une clairière, d’un groupe, c’est aussi travailler à découvrir, à comprendre et mettre en pratique les desseins divins que la 7ème triade nous rappelle :

« en Dieu, il y a 3 choses qui sont nécessairement forcées d’être, ce sont :

-       la Puissance suprême,

-       l’Intelligence suprême,

-       Le suprême Amour »

 

Cette force d’Amour en groupe, c’est aussi cette possibilité de nous aider à porter ensemble ce qui nous semble parfois si lourd si nous restons seuls ., Ce ne sont pas toujours des mots, mais une communion de pensée, un lien invisible mais fort, lien qu’il nous faut parfois consolider et retendre, mais qui ne peut se rompre parce que celui qui le file nous accompagne tous.

 

Comme l’on fait tant de femmes et d’hommes depuis la nuit des temps, sous différentes formes qui se rejoignent, nous éprouvons ce besoin instinctif de traduire par des gestes symboliques, par le corps tout entier, l’élan de notre être vers la vie. Gestes simples qui nous relient à la nature tout entière et à l’INCREE, gestes qui sont des signes d’amour, glorification permanente de la Vie, transmission de force et de joie. Il faut seulement accepter d’en prendre conscience, lors de gestes tout à fait habituels ou anodins, arroser des fleurs, travailler la terre, pour y planter quelques graines. Les plantes, la terre, ne sont plus des éléments sans intérêt, à notre service, mais parties intégrantes du Grand Tout. Des gestes simples mais, que,  dans le silence,  nous pouvons retrouver, à moins de laisser le silence devenir présence.

 

A travers le Druidisme, on renoue l’instinct, la relation, à la fois avec les saisons et aussi avec celles et ceux, qui avant nous, ont célébré la joie des moissons ou l’apparition des prémices du printemps, ou l’arrivée de l’Automne et de l’Hiver.

 

                                                                         

                                                                                                              Ovate OLWENN



11/11/2017
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