Clairière MORGANE

Clairière MORGANE

Par Esus

Si les autres entités tutélaires* nous sont facilement accessibles et parfois presque familières, ESUS peut sembler plus abstrait. Le siège d’ESUS est l’étoile VEGA, second foyer d’attraction de notre système solaire, notre soleil lui-même accomplissant sa giration autour de ce soleil supérieur dont il est l’électron, mais, selon la loi universelle qui régit tout l’Univers, VEGA accomplit aussi une giration autour d’un centre d’attraction supérieur, que l’on pense être BETELGEUSE.

 

Bien avant que Kepler n’en définisse la loi, les Druides de l’antiquité savaient que, lorsqu’un corps céleste effectue sa giration en ellipse, c’est qu’il possède un second foyer d’attraction. Nous savons qu’ESUS était une entité très importante, même les Romains l’attestent, mais, les interprétations des auteurs latins sont souvent erronées, faute d’avoir pu connaître et intégrer les subtilités de la mystique gauloise. Lucain a écrit qu’ ESUS était l’objet d’un culte sanguinaire, d’autres en firent le Dieu de la mort et des sacrifices humains… mais quand ? quelle mort ? quels sacrifices ?  Il semble que les auteurs romains ont très hypothétiquement mis l’accent sur la prétendue barbarie de nos aïeux pour faire oublier les atroces pratiques romaines ; esclaves et, plus tard, chrétiens jetés aux fauves sous les yeux de chastes jeunes filles, les Vestales, qui se repaissaient de l’abominable spectacle.

 

Il est exact qu’en Gaule, comme dans tous les pays de l’antiquité, les sacrifices humains existaient. Mais, en Gaule, il s’agissait soit d’exécutions capitales (et, souvenons nous que dans notre «Gaule civilisée» la peine de mort n’a été abolie qu’en 1981), soit de l’immolation de victimes «volontaires» pour des raisons hautement spirituelles. Lucain a précisé que les victimes du culte d’ESUS étaient pendues à un arbre et les membres disloqués jusqu’à ce que mort s’en suive…Il a oublié de préciser que, de très bonne heure, cette offrande absolue a été remplacée par un simulacre symbolique, à savoir, le don de quelques gouttes de sang, avec la même signification spirituelle**

 

C’est à travers 2 monuments consacrés à ESUS que nous pouvons découvrir la nature de cette entité. Il s’agit de 2 autels, dont l’un est à Trèves, en Allemagne, et l’autre, le célèbre autel des bateliers parisii, se trouve au muée de Cluny, à Paris. Sur ces 2 autels, ESUS est représenté par un bûcheron abattant un arbre à la hache, mais, sur l’autre face du monument parisien, est figuré un taureau portant 3 grues. A Trèves, le taureau n’est représenté que par sa tête à travers le feuillage et les 3 grues sont perchées dans l’arbre.

 

L’arbre a toujours été considéré comme le symbole axial, l’axe autour duquel s’organise toute la création, selon le principe de la giration, que ce soit à l’intérieur de l’atome, comme pour les plus lointains corps célestes, à un infini qui dépasse l’entendement humain, comme si le divin architecte n’avait appliqué qu’un seul plan avec des différences d’échelles, à tout l’univers, de l’infiniment petit aux profondeurs insondables de l’univers céleste. La croissance de l’arbre et le renouvellement périodique de son feuillage, représentent aussi  l’incessante régénération de la nature et, dans presque toutes les traditions, l’arbre de vie est associé au symbolisme de la Déesse Mère. Par ailleurs, la présence des 3 grues rappelle la triple nature des Déesses Mères celtiques, notamment la triple Brigitte et, sur les 2 monuments, le symbolisme de féminité divine est renforcé par la présence du taureau, animal vénusso-lunaire, attribut de la Grande Déesse Mère depuis la plus lointaine préhistoire.

 

Des contes populaires nous permettent de mieux comprendre cette association de symboles : une princesse, ou une fée, avait été métamorphosée en arbre et, un jour, un beau bûcheron, abattant l’arbre, délivre la prisonnière qui, bien sûr, tombe amoureuse de son libérateur.

ESUS n’est donc pas celui qui anéantit mais celui qui délivre pour régénérer Le renouvellement constant de la nature dépend du pouvoir destructif d’ESUS, associé à la fécondation de la Grande Mère, qui abandonne saisonnièrement son époux, CERNUNOS, au profit d’ESUS. Au point de vue mystique, la hache d’ESUS délivre l’homme de la matérialité et lui permet d’échapper au conditionnement de ses sens physiques pour le libérer, en l’élevant par la délivrance des illusions du monde de la fatalité.

 

ESUS est cette entité majeure qui peut nous aider à éliminer en nous les imperfections inhérentes à l’état d’humanité pour nous libérer et permettre notre régénération. Donc, ESUS n’est pas le dieu sanguinaire décrit par les Romains, mais l’entité des renouvellements salutaires, car il n’y a pas d’évolution sans renouvellement*** La création divine est incessante et, il en est de même de notre être spirituel.

 

ESUS, C’EST LE DIEU DES INITIATIONS QUI NOUS UNISSENT AU DIVIN.   

 

 

                                                                                                          Druidesse Screen Shot 05-13-15 at 12.32 PM.PNG AVENTIA

 

 

 

 Commentaires du Druide Screen Shot 05-13-15 at 12.32 PM.PNG Kadfeal sur le texte ci-dessus

 

* Belen, représentant l’illumination divine, Lug, représentant l’omniscience, Teutates, le Dieu bon, l’entité protectrice des peuples celtes.

** Encore maintenant, au Collège Druidique des Gaules, lorsqu’un membre  accède à la dignité de Barde ou d’Ovate, le Druide Officiant, lui fait une petite piqûre au bout du doigt pour recueillir une goutte de sang que l’intronisé appose sur le registre des  intronisations à côté de son nom initiatique, le sang étant considéré comme représentant de l’esprit divin de l’homme, sa sève vitale. Bien entendu, ce rituel n’est pas appliqué si le postulant est hémophile.

*** Nous retrouvons là le principe même des cycles de réincarnations.



23/10/2017
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