Clairière MORGANE

Clairière MORGANE

Modra Necht

MODRA NECHT  !  la Nuit Mère, fête de JUL chez les païens nordiques, la célébration du solstice d’hiver en est le but original. C’est le jour le plus court de l’année, lorsque la vigueur du soleil semble presque éteinte. Pourtant, même à son point le plus bas, celui-ci recèle la promesse d’un jour qui va recommencer à croître en longueur. L’année traditionnelle était jadis rythmée par l’espoir du retour du soleil. Les anciens peuples vivaient au rythme naturel des saisons et on sait que de nombreux monuments mégalithiques étaient dressés en fonction des solstices.

 

Pour cette raison, chez les Romains cette fête était nommée  sol invictus , le soleil invaincu. Symboliquement c’est le jour de la renaissance du soleil, et, dans de nombreuses religions d’origine méditerranéennes et non-européenne, le Dieu principal naît à cette époque, notamment dans le culte proche-oriental de Mithra, culte qui connut un grand succès dans les légions romaines et risqua même un moment de supplanter celui du christianisme.  D’autres cultes virent également leur divinité solaire naître lors de ce solstice hivernal : Attis, Osiris, Tammouz ou Adonis.

 

Si chacune des religions dominantes au III et IVè siècle, perçoit la nécessité de fixer l’avènement de son dieu à cette date, c’est bien parce que c’est la seule pouvant objectiver, faire percevoir intimement dans le cœur des hommes ce que signifie la puissance divine face à la destinée du monde, la puissance du seul soleil permettant à la vie de renaître. Les Chrétiens, eux, ont, au bout de quelques siècles, fixé la date de la naissance du Jésus au 25 décembre, afin que celle-ci se confonde le mieux possible dans l’inconscient collectif au solstice d’hiver et de la re-naissance du soleil.

 

Le nom JUL (anglais Yule, anglo-saxon Geola) signifie lui-même « joug de l’année », le point d’équilibre au cours du reflux le plus bas de la lumière solaire. La nature fait silence, les arbres à feuillage caduque ont perdus leurs feuilles, la nuit tombe plus tôt. C’est l’époque où, sur la terre, tout semble vouloir entrer dans un sommeil éternel. Dans le fond du cœur monte parfois comme une angoisse. On ne peut s’habituer aux arbres sans feuilles, au froid, à la trop longue nuit. On a envie d’un miracle, de quelque chose qui nous redonne confiance, nous annonce que la descente vers l’ombre va s’achever et que la lumière va renaître.

 

De tout temps, les hommes ont vécu cette période comme un temps de gestation.

 

Ce retour à l’accroissement des jours, cette promesse de croissance et donc, sur le plan agraire, de nouvelles récoltes en préparation, a été traduite dans toutes les traditions par une flamme, un feu symbolique qui représente la lumière qui va croître à nouveau mais aussi nos actions à venir.

 

Les Druides ont choisi comme plante sacrée lors de la célébration de la MODRA NECHT : le « GUI » , car cette plante, alors que toute la nature  semble devoir entrer dans une nuit sans fin, elle, elle est vivante, elle est l’espoir que tout ne s’achève pas et symbolise un retour prochain à la vie.

 

 

 

Source : B A BA du Père Noël d’Arnaud d’Aprement, Magie du Nord de Nigel Pennick



05/11/2017
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