Clairière MORGANE

Clairière MORGANE

Le grand passage

A la mort, nul ne peut échapper. Les vicissitudes de la vie empêchent souvent d’y penser : Toutefois, celui qui y réfléchit se trouve en face du dilemme suivant : ou il n’y a rien après ou, il y a bien quelque chose et, dans ce cas, il faut s’y préparer. Il n’y a pas de preuve susceptible de satisfaire les esprits qui n’acceptent que la matérialité. Pour croire à une vie post-mortem, il faut admettre que la vie n’est pas faite uniquement pour le plaisir, ce qui d’ailleurs ne correspond pas bien souvent à la réalité.

 

Néanmoins, la thèse d’une mort totale, ne laissant place à rien d’autre après que le néant, ne peut formuler une théorie ayant une allure scientifique. La terre sur laquelle nous vivons fait partie d’un ensemble cosmique, où les astres naissent, vivent et meurent. Pour le moment, sa vie est subordonnée au rayonnement des énergies solaires, donc, lorsque le Soleil arrivera en fin de sa propre vie, puisqu’il est lui aussi condamné à disparaître, la vie sur notre terre, si elle existe encore à ce moment là, cessera ipso-facto. Alors, que deviennent les beaux échafaudages des civilisations dont nous nous enorgueillissons ? Il n’en restera absolument rien.

 

D’accord pour ce qui est l’aspect matière de la question, bien qu’il puisse être objecté que dans notre corps des cellules meurent  à chaque seconde sans que notre corps matière ne cesse d’exister. Dans ce contexte, on doit considérer que la terre et le Soleil, ne sont que des cellules du vaste univers, pouvant disparaître sans inconvénient pour l’ensemble. Mais, la question n’est pas là, elle est plutôt qu’on ne comprend pas très bien pour quel motif l’univers et nous-mêmes existons, si c’est pour être voués à une perte totale. Cela serait absurde. On est quelque peu surpris de voir soutenir une telle hypothèse par des personnes professant que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. La logique conduirait plutôt à exclure la mort totale de l’Univers.

 

Mais alors, l’Univers subsiste donc sous une autre forme. Etendant le raisonnement à l’homme, on pourrait dire qu’après sa mort, il est encore mais dans un état différent. Quel peut-être ce nouvel état ? Les réponses nombreuses ont été faites au cours des temps. Ce sont le Nirvana des Hindouistes, le Whalalla des Nordiques, les Champs Elysées des Grecs, les Paradis Chrétien ou Musulmans, etc… A quelle confession qu’il appartienne, l’homme, à sa mort, est confronté à une expérience strictement personnelle dont il est à la fois l’acteur et le spectateur et, qui n’a de valeur que pour lui.

 

Vu sous l’angle du passage d’un état à un autre, la Mort est le franchissement d’un seuil ou, pour parler un langage de marinier, le passage du sas d’une écluse à un autre, lui permettant de remonter le courant vers la source. Cette image traduit l’idée d’une âme retournant au créateur par une voie ascendante de perfectionnement. Ce passage est aussi une épreuve. Reprenons le langage du marinier. Le passage dans le sas l’oblige à maintenir son bateau pour que le remous des eaux ne le fracasse pas contre les parois du sas. Le défunt doit donc se maintenir dans la droite ligne, et cela lui sera d’autant plus pénible que sa mort ne sera pas naturelle, c’est à dire une mort due à l’épuisement de toutes ses cellules vitales ou à la fin morale de son existence. Les remous du sas représentent les incartades commises dans sa vie.  

 

De même que, si le niveau de l’eau n’est pas suffisant, le bateau ne saura accéder au sas supérieur, de même le défunt dont l’évolution est insuffisante, ne sera pas admis à pouvoir  le passer. Il devra refaire le chemin inverse et renaîtra pour améliorer son évolution par de nouvelles expériences.

 

                                                                                                                                   Screen Shot 05-13-15 at 12.32 PM.PNG  PER U’I



30/10/2017
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