Clairière MORGANE

Clairière MORGANE

Hommage à nos Pères

Quand ils se rencontraient sur la vague ou la grève,

En souvenir vivant d’un antique départ,

Nos pères se montraient les deux moitiés d’un glaive,

Dont chacun d’eux gardait la symbolique part.

 

Frère, se disaient-ils, reconnais-tu la lame ?

Est-ce bien l’éclair, l’eau, la trempe et le fil,

Et l’acier qu’a fondu le même jet de flamme,

Fibre à fibre se rejoint-il ?

 

Et nous, nous vous disons : O fils des mêmes plages,

Nous sommes un tronçon de ce glaive vainqueur !

Regardez-nous aux yeux, aux cheveux, aux visages :

Nous reconnaissez-vous à la trempe du cœur ?

 

N’est-ce pas cet œil bleu comme la mer profonde,

Qui brise entre nos caps sur des écueils pareils,

Où notre ciel brumeux réfléchi dans son onde,

Plus de foudres que de soleils ?

 

Le vent ne fait-il pas battre sur vos épaules,

Au branle de vos pas ces forêts de cheveux,

Crinière aux nœuds dorés du vieux lion des Gaules,

Où le soleil sanglant fait-il ondoyer ses feux.

 

Ne résonnent-ils pas au souffle des tempêtes,

Comme ce crin épars par les lances portés,

Etendards naturels que font flotter sur nos têtes,

Sur les clans de la liberté ?

 

 

                                                                                                     Alphonse de Lamartine

                                                                                                             (1790 – 1869)



15/08/2017
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